Location longue durée

État des lieux : mentions obligatoires, modèle et bonnes pratiques

Mis à jour le 31 octobre 2026 · Lecture 4 min

L'état des lieux est la pièce qui protège à la fois le bailleur et le locataire. Bien rédigé, il rend inutile toute discussion sur l'usure du logement ; mal fait, il transforme une remise de clés en conflit. Voici ce qu'il doit contenir, comment le structurer et les erreurs à éviter.

En résumé

L'état des lieux est contradictoire, signé par les deux parties et annexé au bail (loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-2). Il décrit pièce par pièce l'état réel du logement, avec les relevés de compteurs, et pour un meublé l'inventaire détaillé du mobilier. Un état des lieux de sortie permet d'imputer les dégradations sur le dépôt de garantie, mais jamais la vétusté normale.

Qu'est-ce qu'un état des lieux ?

L'état des lieux est un document qui décrit, de façon contradictoire, l'état du logement au moment de la remise des clés puis à la restitution. Il est établi par le bailleur et le locataire, ou par un commissaire de justice, et annexé au bail (ou remis au locataire s'il est signé plus tard).

Son contenu suit un modèle réglementaire défini par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016. Il ne se limite pas à des cases cochées : il doit permettre, des mois ou des années plus tard, de savoir dans quel état se trouvait chaque élément du logement.

Entrée ou sortie : deux documents différents

État des lieux d'entrée État des lieux de sortie
Réalisé lors de la remise des clés, avant l'installation Réalisé lors de la restitution des clés
Décrit l'état initial et les équipements fournis Compare l'état final à l'état d'entrée
Sert de référence pour tout le bail Sert à évaluer les dégradations et le dépôt de garantie
Inventaire du mobilier pour un bail meublé Vérification du même inventaire

En l'absence d'état des lieux d'entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état. Prenez donc le temps de le réaliser, même lors d'une location entre proches ou d'une remise de clés tardive.

Les mentions obligatoires

Bon réflexe : photographiez chaque pièce au moment de la signature, avec une date visible si possible, et annexez les photos au document signé par les deux parties.

Comment le rédiger pièce par pièce

Pour chaque pièce, partez des murs et descendez vers le sol, puis passez aux équipements : c'est la méthode la plus rapide pour ne rien oublier.

Précisez l'état observé plutôt que de cocher « bon état » : « parquet avec deux rayures visibles sous la fenêtre », « joint noirci au receveur de douche ». C'est ce niveau de détail qui protège les deux parties en cas de désaccord.

Signature, remise et frais

L'état des lieux est établi en deux exemplaires originaux, un pour chaque partie. Lorsqu'il est réalisé par un commissaire de justice, les honoraires sont partagés par moitié entre bailleur et locataire, sauf disposition contraire du bail.

Conservez le document aussi longtemps que la relation locative, puis pendant le délai de contestation des sommes liées au dépôt de garantie. Un scan daté dans un dossier numérique évite de repartir de zéro en cas de perte.

Litiges et dépôt de garantie

À la sortie, seules les dégradations imputables au locataire peuvent être retenues. La vétusté normale (usure liée au temps et à l'usage) ne l'est jamais. Une grille de vétusté annexée au bail permet de chiffrer objectivement la part d'usure.

Attention : un état des lieux signé sans réserve puis contesté plus tard est très difficile à remettre en cause. Relisez et complétez avant de signer.

Checklist avant la signature

  1. Toutes les pièces ont-elles été décrites une par une ?
  2. Les compteurs sont-ils relevés et datés ?
  3. Le mobilier est-il inventorié, pour un meublé ?
  4. Les observations des deux parties sont-elles écrites, même brèves ?
  5. Les photos sont-elles prises et annexées ?
  6. Deux exemplaires originaux sont-ils signés ?
Gain de temps : ImoTracking génère des états des lieux en PDF, pièce par pièce, avec relevés de compteurs, photos et signatures, et les rattache au bail et au locataire.

Questions fréquentes

L'état des lieux est-il obligatoire ?

Oui pour les baux d'habitation : il doit être établi de façon contradictoire et annexé au bail (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989). En son absence à l'entrée, le logement est présumé remis en bon état.

Peut-on facturer l'état des lieux au locataire ?

Lorsqu'il est réalisé par un commissaire de justice, les honoraires sont en principe partagés par moitié entre bailleur et locataire. Un état des lieux réalisé par le bailleur lui-même n'est pas facturé.

Les photos sont-elles obligatoires ?

Elles ne sont pas exigées par la réglementation, mais elles sont fortement recommandées : annexées et datées, elles constituent la preuve la plus efficace en cas de désaccord sur l'état d'un élément.

Quel délai pour contester un état des lieux ?

Il n'existe pas de délai spécifique pour contester le contenu d'un état des lieux. En pratique, les contestations doivent être formulées rapidement et par écrit, et les litiges sur le dépôt de garantie se traitent dans le cadre prévu par la loi.

Faut-il un état des lieux pour une location meublée ?

Oui, avec un inventaire détaillé du mobilier : le logement meublé doit comporter les éléments prévus par le décret n° 2015-981, et leur état doit être constaté comme celui du bâti.

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